mercredi 6 janvier 2010

Sono Loco fait sa fête à Jack O’Lantern



Samedi 31 octobre, le groupe de Hard Rock Sono Loco sera en concert à Antonne, à la salle Storelli, avec le groupe de métal "Unsafe" de Limoges et le groupe "Grokill. Cette formation périgourdine qui existe depuis 1995 et qui demeure un OVNI dans le milieu de Rock français fêtera à sa façon Halloween et Jack O’Lantern.
Il faut dire que dès leurs débuts ils n’ont rien fait comme les autres. Alors que tout le monde chantait en anglais, car la rébellion et le rock se chantent forcément dans la langue du Prince Charles, les petits gars d’Hautefort décidèrent d’hurler leur révolte en français et en occitan. Et ce ne fut pas facile de faire comprendre leur démarche. « Si tu chantes en occitan dans un groupe de Hard – dit le leader voix Jeff Gareyte - c'est forcément pas sérieux, ça doit être une parodie ». D’où un certain ostracisme des collègues rocker. De l’autre côté, chez les tenants des troubadours et de Frédéric Mistral, la musique de Sono Loco était bien trop forte et les paroles trop provocantes pour avoir le label occitan. Mais finalement de tout cela nos périgourdins énervé n’en eurent cure. Depuis bientôt 15 ans ils ont continué à jouer et chanter « Mac’Do defòrs, gardarem lo Roquefòrt » (Mac’Do dehors, nous garderons le Roquefort). En dignes héritiers de Bertran de Born ils défendent une certaine façon de voir le monde à l’occitane, où franc parler et plaisir de vivre riment avec foie gras et bon vin. Et tant pi si pour eux le chabrol vaut bien la cocaïne.
Signature avec un label national
Aujourd’hui ils ont obtenu que leur dernier album "Nos sem Aqui" sorte sur le label Brennus, qui est le label de référence en France pour le "Hard" Rock, et que la distribution du CD soit faite par Socadisc pour une diffusion nationale de l'Album qui est mis en place progressivement un peu partout en France depuis fin septembre.
Après une grosse prestation à l’Estivada de Rodez devant 4000 personnes, Sono Loco vous donne rendez-vous samedi prochain à Antonne, avec ou sans Roquefort.
Concert : Salle Storelli / Antonne
20h30. Entrée 2 euros

Pour que vive la langue Occitane !


Après avoir organisé deux manifestations en 2005 ainsi qu’en 2007 qui avaient réuni en tout 30 000 manifestants, les occitanistes et tous les militants de la langue d’oc ont encore une fois rendez-vous ce samedi 24 octobre à Carcassonne. Mais si la manifestation sera comme à l’accoutumée sympathique et colorée, elle se veut surtout et avant tout revendicative. Car si l’occitan est une langue qui se parle (37 % de locuteurs en Périgord) elle entend désormais se faire entendre des autorités nationales.
L’union de tous militants
Pour David Grosclaude, président de l’IEO, « La situation dans laquelle est maintenue la langue occitane est scandaleuse au regard des déclarations et promesses qui ont été faites mais aussi au regard de la constitution telle qu¹elle a été modifiée en juillet 2008. Et si ça continue la reconnaissance des langues dites régionales comme patrimoine de la France risque de déboucher sur un enterrement. » Il se demande « Où est donc la loi promise par le président de la République et le gouvernement ? » Il n’est pas le seul à espérer que les engagements pris soient tenus. En effet la quasi totalité des associations oeuvrant pour la langue et la culture occitanes appellent à manifester samedi prochain à Carcassonne. Et quand on demande à Michel Samouillan si c’est bien utile d’aller encore une fois faire le tour des remparts de la cité audoise, il répond sans hésiter oui. L’ancien président du Bornat dau Peirigòrd et majoral du Félibrige considère lui aussi que le compte n’y est pas. « En matière de radio, télé, la place faite à la langue d’oc est réduite à presque rien malgré la demande du public. Et pour ce qui est de l’enseignement de l’occitan il est quasi sinistré ». Alors pour toutes ces raisons et aussi parce qu’il veut croire encore en la démocratie dans notre pays, Michel Samouillan ira avec de nombreux périgourdins manifester une fois de plus avec l’espoir de voir enfin mis en place une véritable politique linguistique en faveur des langues régionales.
Renseignements et contact pour aller en bus à la manifestation :
lo Bornat dau Perigòrd - Tel : 05 53 04 75 85 / lobornat@free.fr
Novelum - Tel : 05 53 08 76 50 / 06 74 30 98 28 / novelum.ieo24@free.fr

« La révolte du Petit Chat d’Elodie »

Le Cap’òc, antenne occitane du crdp d’Aquitaine, vient d’éditer une jolie et joyeuse Bande Dessinée en occitan, « lo Chatonet d’Elodia ».
Tout a commencé il y a plus de 2 ans à Pau. A l’époque le jeune graphiste Gérard Wissan, aujourd’hui installé en Dordogne, décidait de lancer avec une amie journaliste un magazine jeunesse. Ce journal souhaitait faire mieux connaître aux enfants du Béarn et de manière ludique leur patrimoine culturel et historique. Parmi des rubriques très diverses, une page en bande dessinée était écrite en occitan. L’auteur fut vite repéré par l’équipe du Cap’oc qui lui proposa de travailler à l’édition d’un livre-Cd à partir d’un conte originale en langue d’oc. Non occitanophone mais baignant dans la culture d’Aquitaine depuis son enfance, Gérard Wissang, dit Monsieur Puzzle, se lança avec passion dans ce projet au point de plonger complètement dans la culture occitane, dans son histoire et dans sa musique actuelle. Ainsi, plus que le barrage de la langue c’est la maîtrise du temps qui fut pour lui la principale difficulté. L’auteur reconnaît ainsi « qu’entre le jour où on s'est dit qu'on ferait une bd ensemble, le cap'oc et moi, et le jour où la BD est parue, 2 ans se sont écoulés. »
Un Chatonet survitaminé
Mais cela valait la peine de prendre du temps pour ce premier album. L’histoire du petit chat d’Elodie qui en a assez d’être embêté par le chien et qui entend parler d’une potion miraculeuse qui rend l’appétit aux enfants et qui pourrait bien lui permettre de devenir plus fort, a tout pour plaire aux petits et aux grands. Comme à leur habitude, les gens du Cap’oc ont accompagné l’album d’un CD audio comprenant trois versions occitanes, gasconne, languedocienne, limousine et une version française destinée à ceux qui débute dans la langue du pays.
Quant à Monsieur Puzzle, pour sa part il reconnaît avoir « trouvé en Périgord tous les ingrédients nécessaires à son bonheur. Projets concrets, énergie créatrice et bien vivre des habitants au quotidien. » Nuls doutes que « lo petit chatonet d’Elodia » vive encore dans un futur proche de nouvelles aventures.


« Lo chatonet d'Elodia » - Lemosin - libre e CD audio 10 euros
Existe en languedocien et gascon
Scéren – crdp d’Aquitaine

A l’agacha* de La Mal Coiffée


Passées déjà deux fois en concert en Dordogne, à la Toristalha de Brantôme il y a deux ans ainsi qu’aux Tradigordines de Lalinde l’été dernier, les filles de « La mal coiffée » ont laissé un très agréable souvenir au public périgourdin qui avait eu le plaisir de les voir sur scène. Alors que l’on se le dise, le groupe sort cette semaine son deuxième album, « A l’agacha ». Si ce nouvel Opus reste dans la continuité du premier il s’en démarque cependant par plus d’un aspect.
Bien sûr on y retrouve toujours des chansons de femmes. La Mitona, la Roseta, ou encore la Pernèta sont autant de destinées ou de tragédies de filles que la chanson populaire a gravées dans la mémoire occitane et que « La Mal Coiffée » nous rend avec chaleur, émotion et énergie. Mais entre les airs et les paroles traditionnelles viennent aujourd’hui se glisser des textes et des musiques originales, des poèmes d’auteurs contemporains et des rythmes nouveaux.
Plus de groove
De même si l’ossature du groupe demeure inchangée, des chanteuses ont quitté le nid pour laisser la place à de nouvelles choristes. Pour Marie Coumes qui se trouve dans l’aventure depuis le début « il en est du groupe comme de la vie, certaines filles s’en vont et c’est toujours une émotion de les voir quitter la famille puis d’autres prennent la place laissée vide. Enveloppées par un chœur à l’identité forte elles apportent alors très vite au groupe ce qu’elles ont de meilleur ». Ainsi Laeticia Dutech qui fait partie des deux nouvelles venues a vite trouvé ses marques. Cette chanteuse, musicienne, parlant très bien l’occitan a su mettre ses savoirs au service de « La Mal coiffée » qui en retour y a gagné en rythmique et en qualité de langue.
Aujourd’hui les filles ont beaucoup de projet, entre autres une participation au prochain album des Ogres de Barbak, et ce que nous pouvons leur souhaiter de mieux avec Marie Coumes, c’est qu’elles puissent encore longtemps « faire vivre et partager les trésors de langue d’oc»

A l’agacha – La Mal Coiffée
Label Solidaire Sirventès/L’Autre Distribution

dimanche 27 septembre 2009

La légende s’anime en Périgord Vert


En milieu rural, la question du patrimoine immatériel et de sa transmission aux jeunes générations se pose aujourd’hui de manière très vive. Depuis 3 ans l’association ARTICLE 19 située en pleine campagne, permet au jeune public d’accéder à des outils d’expression comme l’image filmée en prenant pour thématique la culture et la langue d’oc. Laura Leeson (animatrice principale de l’association) ainsi que sa jeune recrue Julia Caron ont déjà à leur actif « Toc ! Toc ! L’Oc », réalisé en 2007 avec les jeunes de Brantôme et « Tiens ta Langue » conçu avec les lycéens de Bertrand de Born en mai. L’été dernier l’équipe s’est plongée dans un nouveau projet : un film d’animation inspiré de la collecte occitane et cela en 6 jours (écriture du scénario, découpage technique, mise en scène, création de décors, tournage, montage et sonorisation). Le public ciblé était cette fois les jeunes du canton de Montagrier.
Transmettre et éveiller la curiosité
Pour Laura Leeson « ces adolescents on coupé le lien direct avec leur patrimoine, avec la langue de leurs grands- parents, l’atelier était un moyen de leur transmettre notre propre curiosité face à ce patrimoine riche. A partir du moment où les jeunes ont visionné le DVD de la collecte occitane, effectué sur le département, ils se sont rendus compte qu’ils pouvaient en parler avec leur famille et qu’il ne s’agissait pas d’une langue et d’une culture qui leur était étrangère comme ils le croyaient jusqu’alors. »
Les jeunes gens ont tout fait eux-mêmes. Ils ont écrit ensembles une histoire complète de Leberon. Ils y ont mêlé des récits issus de croyances populaires comme les fontaines et leurs « pouvoirs », et l’histoire du diable, qui deviennent des procédés narratifs secondaires et parfois à la limite du « private joke ».
Au résultat, un joli film d’animation en occitan que vous pourrez voir en première diffusion à Grand Brassac le 4 octobre. Preuve est donnée comme le dit encore Laura Leeson « qu’une langue et une culture se transmettent d’autant plus facilement aux jeunes s’ils sont amenés à la transformer et du coup de la faire vivre à leur façon! »

Première diffusion le dimanche 04 octobre à 17h
à l'église de Grand Brassac
dans le cadre des 4e rencontre Orient(s)-Occident(s)05 53 06 40 00


Qu’est-ce qui fait courir Nadau ?

Samedi 26 septembre le groupe Nadau sera en concert à Verteillac.
Depuis 1973, époque où ils s’appelaient encore « Los de Nadau », ce groupe du Béarn n’a eu de cesse de populariser la chanson contemporaine occitane. Après 2 Olympia – un prochain est prévu en avril 2010 – 3 Zenith à Pau, Nadau s’est fait applaudir en juillet dernier par 9000 personnes à l’Estivada de Rodez. Mais qu’est-ce qui peut expliquer un tel succès ? Partout en domaine occitan ils remplissent les salles d’un public trans-générationnel. Les grands parents y vont avec leurs petits enfants, les paysans côtoyant les fonctionnaires et les artisans. Quand on lui demande quel est son secret, Miquèu Masffrand, le charismatique leader du groupe et parolier de la majorité des chansons, cherche des réponses simples. « En chantant le Béarn, les choses de la vie, le pays dont je viens, et les changements qui ont eu lieu depuis 50 ans, c’est un peu de toute l’Occitanie dont je parle. Mes chansons deviennent les chansons des gens. Ce retrouver le dimanche soir sur un quai de gare pour retourner travailler à Paris, c’est une réalité de Pau mais aussi de Toulouse ou de Périgueux. »
Savoir créer des chansons populaires
En revanche, cet occitaniste convaincu qui a toujours été depuis le début aux côté des écoles immersives Calandretas, ce chanteur modeste malgré le succès que rencontre son groupe, ne s’explique toujours pas le fait qu’une de ses chansons ‘l’Immortèla » soit devenue un des hymnes de l’Occitanie. Il reconnaît cependant prendre beaucoup de plaisir quand le public reprend en cœur le refrain. Il sourit quand « Les enfants ne l’appellent pas l’Immortèla, mais simplement Vam caminar (ce qui est la phrase de début du refrain). Et c’est peut-être là le secret de Nadau : une musique et des mélodies modernes aux accents d’hier qui accompagnent des paroles populaires qui savent toucher le public dans leur réalité occitane d’aujourd’hui.
Nadau en concert est un moment d’émotion rare avec pour maître de cérémonie un Miquèu Masffrand, qui manie le rire et la mélancolie durant deux heures sans jamais être vulgaire ni populiste.

« Nadau » en concert le 26 septembre à Verteillac
Sous chapiteau au stade municipal(18 € / gratuit -12 ans)
Réservations au Si 05 53 90 37 78 et CSC 05 53 90 36 24
Organisation : Comité d’animation verteillacois

Rencontres Orient(s)-Occident(s)

Quatre rendez-vous qui mettront en lumière les influences encore visibles entre le Périgord et l’Orient.
Il y a 4 ans, à l’initiative de la Direction de l’Education et de la Culture ainsi que des services Tourisme du Conseil Général de la Dordogne, des Rencontres Orient-Occident avaient vues le jour chaque automne en Périgord. Le but était alors de valoriser le patrimoine médiéval de notre département au travers de l’histoire des moines soldats du moyen-âge. Pour cette 4° édition, c’est l’Agence Culturelle Départementale qui est en charge de l’organisation de ces Rencontres qui débuteront à Cadouin ce 26 septembre pour s’achever le 7 novembre à Bonneville-et-Saint-Avit-de-Fumadières. Entre temps des rendez-vous seront proposés au public à Belvès et à Grand Brassac.
Le Périgord une Terre de légendes
La Dordogne regorge de sites, d’histoires, de légendes, en rapport avec les templiers, les croisées, les pèlerins et bien sûr les troubadours qui ont fait entre le XII° et XIII° siècle de nombreux aller-retour entre l’Aquitaine et Jérusalem. Aussi pour Jean François Gareyte, chef de projet et coordonnateur du festival, « c’est en toute logique que cette action culturelle trouve sa place en Périgord ». Et à ceux pour qui cet évènement pourrait sembler artificiel, il explique « qu’il s’agit là de véritables rencontres entre des artistes venus d’horizons très variés qui ont travaillé en résidences afin de pouvoir proposer dans chaque lieu des spectacles originaux. » Le déroulement de chaque journée aura sensiblement le même canevas. D’abord sera proposée une balade commentée pour découvrir le site. Puis celle-ci sera ponctuée d’une intervention historique dans le but d’éclairer le public sur le lien qu’entretiennent le lieu choisi pour le spectacle et l’Orient. Enfin une animation artistique clôturera l’après-midi mettant en valeur les relations qui ont existées depuis 8 siècles entre les cultures musulmanes, juives et occitanes. En résumé, pour J.F Gareyte «ce sont les histoires et les légendes du moyen âge que l’on propose aux gens de découvrir avec nous » Une belle ambition pour quatre beaux rendez-vous.
Renseignements : 4ème Rencontre Orient(s)-Occident(s)
du 26.09.2009 au 07.11.2009 Périgord Cadouin, Grand-Brassac, Belvès, Bonnevile Agence culturelle Dordogne-Périgord 05 53 06 40 00 / jf.gareyte@culturedordogne.fr